Comment tirer du positif de ce confinement en famille ?

Confinement positif

La crise liée à la pandémie mondiale de coronavirus est exceptionnelle et nous a placé dans une situation tout à fait inédite. Parents comme enfants oscillent entre ennui, angoisse, réflexion mais aussi tout de même quelques moments de joie. Comment allons-nous ressortir de ce confinement ? D’après une analyse menée dans 11 pays mis en quarantaine lors des dernières épidémies (SRAS, MERS, grippe H1N1, Ebola), des symptômes de stress post-traumatiques, d’anxiété, de dépression et d’addictions sont apparus. Nous ne pouvons pas le nier, cet enfermement forcé, dans cette ambiance anxiogène, a un impact psychologique. Mais si on vous disait qu’il était possible de s'appuyer sur cette période de manière positive ? Cette pause dans le temps ne doit pas forcément être subie, comme l'introduit ici  Véronique Salman, auteure de La Trilogie inconsciente : "Tel est l'enjeu, aujourd'hui, face à la pandémie : adopter la bonne attitude, celle qui apaise. Car il est établi qu'un événement est toujours neutre, c'est ce que l'on en fait qui le colore !"

Réussir à appréhender sereinement le confinement...

"Refuser de se conformer est une façon d'entrer en compétition avec les événements. Accepter de trouver dans le confinement une opportunité de décélérer le rythme, aller vers l'essentiel, se reposer et se donner l'occasion d'explorer de nouveaux centres d'intérêts, c'est entrer en coopération avec la situation", poursuit-elle. En fait, tout se joue entre la "compétition" et la "coopération", qui est une dualité constante de l'humain. A nous donc de trouver les ressources intérieures pour transformer ce qui est lourd et plombant, en quelque chose de plus serein et donc positif. Mais pour cela, il faut déjà réussir en tant que parents à accepter ce que nous vivons. Les parents très angoissés en cette circonstance vont créer une climat peu serein. "Il ne faut pas faire semblant comme dans le film La vie est belle, mais il faut montrer qu’on est des adultes et que c’est l’affaire des adultes”, insiste la psychanalyste. Mais nous vous le concédons, mettre en place un cadre rassurant quand on est soi-mêmes stressés n’est pas toujours évident.

Cela va donc passer par l'attitude que l'on campe en tant que parents, en évitant au maximum les débordements émotionnels. En effet, la peur est humaine et normale, mais il faut tenter de relativiser la situation. Dans l’exemple du coronavirus, on sait qu’il n’y aura pas de pénuries alimentaires et qu’une fois à la maison, on ne court pas de risques. Cela passe aussi par la mise en place de repères dans le temps : horaires de lever, des repas à heure fixe, structurer le temps entre l’école, le jeu, les pauses…“Le rôle des parents est d’être ces éléments stables, fiables et protecteurs sur lesquels les enfants peuvent s’appuyer. C’est ce qu’on appelle une figure d’attachement sécure en psychanalyse”, développe notre pro. 

Sécuriser le lien parent-enfant

En effet, mieux vaut plutôt aborder la situation ainsi : le confinement, certes, nous ôte quelque chose (comme ici la liberté de se balader) mais il nous en fait gagner d'autres (temps en famille pour renforcer les liens). Plus que jamais, pour éviter l’anxiété, il faut apporter aux enfants de la bienveillance, des réponses éducatives adaptées et de la constance. Cela va générer un sentiment intérieur de sécurité, car les enfants ont bien conscience que quelque chose est inhabituel mais ce n’est pas à eux de gérer. C’est à nous, adultes. “C’est une opportunité historique de créer ce lien-là avec nos enfants, et qui sera utile toute la vie”, martèle Véronique Salman. Une expérience qui promet donc d'être enrichissante pour toute la famille.

S'interroger sur ses méthodes éducatives

C’est en effet une aubaine pour les parents de s’interroger sur leur rapport à leur(s) enfant(s). Pour ceux qui ne doivent pas aller travailler, ils peuvent tester leur modèle pédagogique 24h/24. Imaginez par exemple cette scène : votre enfant vous montre son dessin et vous êtes très réceptif, vous le félicitez. Puis ensuite, il vient vous poser une question sur ses devoirs, et là, vous l’envoyez balader car vous allez avoir un appel du bureau. Votre enfant est perdu. L’idée ? Lui expliquer de manière bienveillante quand c’est possible ou non de vous déranger. Ce qui sera valable pour le confinement, mais bien après ! Votre enfant doit comprendre qu’à certains instants, son parent passera du temps avec lui et d’autres moments non. Les parents doivent en profiter pour réaliser une introspection et faire le point sur le modèle pédagogique qu’ils veulent mettre en place”, explique-t-elle. Rappelez-vous : l’humain apprend beaucoup par mimétisme. Votre manière de gérer la situation va être absorbée par l’enfant. Si vous n'arrêtez pas de crier, il pensera que c’est la seule manière d'interagir pour se faire entendre.

Apprendre à se sentir bien chez soi

Par ailleurs, c’est également le moment de redonner à votre appartement ou maison tout le sens du mot 'cocon'. Comme le confirme Véronique Salman : Il faut arrêter de comparer la situation à une guerre. En temps de guerre, la maison n’est pas un lieu sûr : un obus peut tomber. Là, en restant à la maison, on ne prend pas de risques. La maison est un véritable nid.” En effet, vous pouvez montrer à vos enfants (et vous faire un piqure de rappel par la même occasion), que vous avez de la chance, car vous bénéficiez de l'électricité et de l’eau courante ! C’est important de se sentir bien chez soi, donc on en profite pour ranger au fur et à mesure et offrir à toute la famille un climat agréable. Toutes les ondes positives sont bonnes à prendre !

Sanctuariser l’apprentissage 

Qui plus est, pendant ce confinement, le domicile n’est pas seulement un lieu de vie, c’est aussi un lieu de travail pour certains… et d’apprentissages pour les enfants ! Cette crise rappelle ainsi aux grands comme aux petits que l’Homme a des prédateurs. Mais qu’il faut continuer à vivre du mieux que l’on peut, en respectant ce qui est important et pour les enfants, c'est apprendre. “Comme l'a développé Eric Berne, l'humain a trois soifs, et la stimulation cognitive en est une. L’Homme dès le plus jeune âge a besoin d'interactions et de découvertes", rappelle-t-elle. Voici pourquoi il est essentiel de continuer à maintenir l’école à la maison. On sanctuarise ainsi l’apprentissage (et non pas la réussite scolaire, la nuance est importante) pour que l’école et les cours restent un pilier de la vie quotidienne des enfants.

Une opportunité de réinventer l’après

Beaucoup de possibilités sur l’instant, donc… mais surtout une chance pour l’après, de nourrir des réflexions et installer des bases solides au sein de la famille. Car il y aura évidemment une fin de crise. Que voulons-nous pour nous et pour nos enfants dans l’avenir ? Comment allons-nous en sortir ? Cette période nous aura sans doute appris que l’on est capables de supporter bien plus qu’on ne l’aurait cru. Est-ce que cela va changer certaines de nos habitudes et modes de pensée dans la durée ? Rien n'est moins sûr, mais il faut se saisir de cette opportunité.

Merci à Véronique Salman, auteure de "La Trilogie inconsciente, la comprendre pour aller mieux" (The Book Edition, 20 €), à propos des erreurs répétitives.

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